Mon psy me conseille de démissionner : avez-vous vraiment le choix ?
Votre psychiatre vous conseille de démissionner ? Ce n'est pas une obligation légale. Les alternatives à la démission que peu de professionnels expliquent.
“Je suis en arrêt pour burn-out, et mon psy ne veut plus me prolonger — pour lui il faut démissionner et retrouver ailleurs comme si c'était facile.”
Témoignage anonyme
Ce que votre médecin a raté
Ce que la démission vous fait perdre concrètement :
- Le droit au chômage : sauf cas très spécifiques de démission légitime reconnue par France Travail, vous ne toucherez pas l'ARE (allocation de retour à l'emploi)
- La possibilité d'une rupture conventionnelle : une fois la démission posée, la négociation est finie
- L'indemnité de licenciement pour inaptitude : doublée en cas d'origine professionnelle (art. L.1226-14 du Code du travail), elle peut représenter plusieurs mois de salaire
- La capacité à agir aux prud'hommes : techniquement possible après démission, mais votre position est considérablement affaiblie
Cette situation vous parle ? Vous n'êtes pas seul(e). Des solutions concrètes existent.
Lire le Guide Santé et harcèlementNon, vous n'êtes pas obligé(e) de démissionner
Si votre médecin refuse de prolonger votre arrêt, vous avez des options concrètes :
- Consulter un autre médecin : le deuxième avis médical est un droit absolu, sans justification à donner à votre médecin actuel
- Consulter un psychiatre si c'est un généraliste qui a refusé : un psychiatre peut prolonger un arrêt là où un généraliste a estimé que ce n'était plus justifié
- Solliciter la médecine du travail : si l'environnement de travail est objectivement dangereux, le médecin du travail peut proposer une inaptitude — qui protège vos droits au lieu de les supprimer
Les 4 alternatives à la démission
Deuxième avis médical — Consultez un psychiatre (si c'est un généraliste qui a refusé) ou un autre psychiatre. Précisez le contexte professionnel en détail : harcèlement, durée de l'arrêt, impact sur votre état si vous reprenez. Un médecin différent peut arriver à une conclusion différente. C'est votre droit absolu, sans justification à donner.
La reconnaissance d'inaptitude — La médecine du travail peut vous déclarer inapte à votre poste (art. L.4624-4 du Code du travail). L'employeur doit alors vous reclasser ou vous licencier — avec indemnités. Contrairement à la démission : vous gardez vos droits au chômage, vous percevez une indemnité de licenciement (doublée si origine professionnelle), et vous n'avez rien « abandonné ».
La rupture conventionnelle — À négocier avec l'employeur, si lui aussi veut trouver une sortie. Vous gardez vos droits à l'ARE (chômage) et pouvez négocier une indemnité supérieure au minimum légal. Votre position de négociation est renforcée si vous avez documenté le harcèlement.
La prise d'acte — Si le harcèlement est documenté et grave, vous pouvez rompre le contrat aux torts de l'employeur (art. L.1451-1 du Code du travail). Cette procédure est risquée : elle nécessite un avocat et de solides preuves, mais en cas de succès, elle ouvre droit aux mêmes indemnités qu'un licenciement abusif. Ne l'engagez jamais sans conseil juridique préalable.
Comment demander un deuxième avis médical
La marche à suivre :
- Trouvez un psychiatre via Doctolib ou via le CMP (Centre médico-psychologique) de votre secteur si vous n'avez pas de psychiatre
- Lors de la consultation, précisez : le contexte de harcèlement ou de souffrance au travail, la durée de votre arrêt actuel, le conseil reçu de démissionner, et l'impact prévisible sur votre état si vous reprenez dans les mêmes conditions
- Emportez vos documents : certificats médicaux, ordonnances en cours, et si possible un résumé écrit et factuel de votre situation professionnelle
Jurisprudence récente
Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-17.005
Quand l'inaptitude d'un salarié résulte d'un harcèlement moral (burn-out lié à un management harcelant), le licenciement pour inaptitude est nul. Le salarié peut obtenir sa réintégration ou une indemnisation sans plafond du barème Macron.
Cass. soc., 6 mai 2025, n° 23-22.588
Le licenciement d'un salarié victime de harcèlement n'est pas automatiquement nul. Il faut prouver que le salarié a été licencié pour avoir subi ou refusé de subir le harcèlement, et non pour un autre motif indépendant.
Sources : Cour de cassation, chambres sociales et criminelles. Les décisions sont accessibles en intégralité sur Légifrance.
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Les réponses aux questions les plus posées sur cette situation.
Mon médecin me conseille de démissionner : est-ce ma seule option ?
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Des alternatives existent :
- Inaptitude via la médecine du travail : vous gardez vos droits (chômage, indemnités)
- Rupture conventionnelle : droit au chômage préservé + indemnité négociée
- Prise d'acte : si le harcèlement est documenté, rupture aux torts de l'employeur
- Deuxième avis médical : un psychiatre peut prolonger là où un généraliste a refusé
Comment demander un deuxième avis médical pour un arrêt de travail ?
Comment demander un deuxième avis médical pour un arrêt de travail ?
Comment procéder :
- Trouvez un psychiatre via Doctolib ou le CMP (Centre médico-psychologique) de votre secteur
- Décrivez précisément le contexte professionnel : harcèlement, pressions, impact sur votre santé
- Un psychiatre peut prescrire et prolonger un arrêt là où un généraliste a refusé
- Emportez vos certificats médicaux et ordonnances en cours
Quelle différence entre démissionner et une rupture conventionnelle ?
Quelle différence entre démissionner et une rupture conventionnelle ?
Comparaison :
- Démission : pas d'ARE (chômage), pas d'indemnité de licenciement, position affaiblie aux prud'hommes
- Rupture conventionnelle : droit à l'ARE préservé, indemnité négociable (supérieure au minimum légal), droits acquis maintenus
- En contexte de harcèlement, la rupture conventionnelle est presque toujours préférable à la démission
- La rupture conventionnelle nécessite l'accord de l'employeur : si celui-ci refuse, d'autres options existent (inaptitude, prise d'acte)
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