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Calculateur d'indemnités pour harcèlement moral au travail

Calculez les indemnités auxquelles vous pouvez prétendre selon votre scénario de sortie : rupture conventionnelle ou licenciement. Notre simulateur compare la voie amiable (transaction) et la voie judiciaire (prud'hommes) pour vous aider à prendre la meilleure décision.

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En cas de harcèlement moral entraînant la nullité du licenciement, le barème Macron ne s’applique pas. L'indemnité minimale est de 6 mois de salaire (Art. L. 1235-3-1 C. trav.).

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Au-delà du calcul des indemnités, votre santé et vos revenus peuvent être touchés pendant un arrêt, une inaptitude ou une période de chômage. Notre guide détaille les aides financières mobilisables et le rôle de la CPAM.

Voir les aides financières possibles pendant l'arrêt, l'inaptitude ou le chômage (CPAM, IJSS)
Mis à jour le 24 juin 2026Références juridiques et formules vérifiées en 2026

En résumé

Les dommages et intérêts pour harcèlement moral (préjudice moral) se situent autour de 17 250 € sur les profils types du simulateur.

Fourchette calculée : environ 6 210 € à 59 800 €, selon le salaire, l'ancienneté, la gravité des faits, les preuves et l'impact sur la santé.

En cas de licenciement nul, ces dommages et intérêts se cumulent avec l'indemnité de licenciement nul : le potentiel total aux prud'hommes atteint alors environ 35 250 € de médiane sur les profils types, avec une borne haute proche de 97 150 € dans les dossiers les plus favorables.

Hypothèses du calcul : salarié non-cadre, entreprise de 11 salariés ou plus, montants bruts, hors congés payés et primes. Ces montants sont des ordres de grandeur indicatifs issus du simulateur, pas une moyenne nationale : votre résultat dépend de votre situation, de la gravité des faits et de la solidité des preuves. Utilisez le simulateur pour personnaliser votre estimation.

Comment sont calculées les indemnités pour harcèlement moral ?

En cas de harcèlement moral au travail, le dédommagement financier dépend de la voie choisie (judiciaire ou transactionnelle) et de la qualification juridique de la rupture du contrat. Trois composantes principales déterminent le montant total des dommages et intérêts.

Indemnité de licenciement nul (ILN), Art. L. 1235-3-1

Lorsque le licenciement est déclaré nul pour harcèlement moral, l'article L. 1235-3-1 du Code du travail prévoit une indemnité plancher de 6 mois de salaire brut, quelle que soit l'ancienneté du salarié. Ce plancher est supérieur à l'indemnité légale de licenciement classique (Art. L. 1234-9), calculée à hauteur de 1/4 de mois par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà.

En pratique, le juge accorde souvent un montant supérieur au plancher légal lorsque l'ancienneté est significative. Notre simulateur utilise une estimation statistique basée sur la pratique juridictionnelle (coefficient de 1,8 appliqué à l'indemnité légale de licenciement lorsque celle-ci dépasse le minimum de 6 mois). Ce coefficient n'est pas un barème légal mais une moyenne observée en jurisprudence : chaque juge fixe souverainement le montant en fonction des circonstances propres à chaque dossier.

Dommages et intérêts pour préjudice moral (IPM)

L'indemnité pour préjudice moral vise à réparer le dédommagement psychologique subi par la victime de harcèlement. Elle est fixée souverainement par le juge en fonction de la durée des agissements, de leur gravité, de l'impact sur la santé (dépression, anxiété, burn-out) et des conséquences professionnelles (perte d'emploi, difficulté à retrouver un poste).

Les tribunaux accordent en moyenne entre 3 et 10 mois de salaire brut pour le préjudice moral seul. Notre simulateur utilise une base médiane de 5 mois de salaire, modulée par l'ancienneté (+10% au-delà de 5 ans, +30% au-delà de 10 ans) et le type de rupture.

Indemnité transactionnelle (négociation amiable)

En cas de rupture conventionnelle ou de négociation directe avec l'employeur, l'indemnité transactionnelle est un montant global forfaitaire négocié dans le cadre d'un protocole d'accord (Art. 2044 du Code civil). Le montant dépend directement de la solidité du dossier du salarié :

  • Dossier moyen (peu de preuves écrites) : 3 à 8 mois de salaire brut
  • Dossier solide (emails, SMS, attestations, alerte médecine du travail) : 6 à 12 mois de salaire brut
  • Dossier très risqué pour l'employeur (santé dégradée, alertes ignorées) : 12 à 24 mois de salaire brut

Ces fourchettes sont majorées pour les cadres (+10%) et les salariés de longue ancienneté (+8% au-delà de 5 ans, +15% au-delà de 10 ans).

Montants d'indemnités par salaire et ancienneté (prud'hommes)

Le tableau ci-dessous présente l'estimation totale en cas de licenciement nul pour harcèlement moral (cumul de l'indemnité de licenciement nul et des dommages et intérêts pour préjudice moral), pour différents profils. Chaque cellule affiche la fourchette minimum - maximum.

Pour un salaire brut de 2 000 € et 10 ans d'ancienneté, l'estimation totale en cas de licenciement nul pour harcèlement moral se situe entre 19 590 € et 32 240 € selon la solidité du dossier, avec un repère médian de 24 650 €.

Salaire brut mensuel2 à 5 ans*10 ans15 ans
1 800 €17 010 € - 27 360 €17 631 € - 29 016 €18 873 € - 34 974 €
2 000 €18 900 € - 30 400 €19 590 € - 32 240 €20 970 € - 38 860 €
2 500 €23 625 € - 38 000 €24 487 € - 40 300 €26 213 € - 48 575 €
3 000 €28 350 € - 45 600 €29 385 € - 48 360 €31 455 € - 58 290 €
4 000 €37 800 € - 60 800 €39 180 € - 64 480 €41 940 € - 77 720 €
5 000 €47 250 € - 76 000 €48 975 € - 80 600 €52 425 € - 97 150 €

* Les colonnes 2 ans et 5 ans donnent ici des valeurs identiques : le plancher de 6 mois de salaire (Art. L. 1235-3-1) domine le calcul à ces anciennetés, ce qui est mathématiquement correct. Hypothèses : licenciement nul pour harcèlement moral, salarié non-cadre, entreprise de 11 salariés ou plus, montants bruts indicatifs. Cumul indemnité de licenciement nul + dommages et intérêts pour préjudice moral. Congés payés, 13e mois, primes et préjudices spécifiques non inclus. Montants générés par les formules du simulateur, à personnaliser avec votre situation réelle.

Dommages et intérêts pour harcèlement moral : quels montants ?

Les dommages et intérêts pour harcèlement moral indemnisent le préjudice subi par le salarié : souffrance morale, atteinte à la santé, dégradation des conditions de travail, perte de chance professionnelle ou impact sur la carrière. Ils peuvent se cumuler avec l'indemnité de licenciement nul lorsque la rupture est annulée, mais ils ne se confondent pas avec elle.

En pratique, le montant dépend surtout de la durée des faits, de leur gravité, des preuves disponibles, de l'impact médical et des conséquences professionnelles. Le simulateur donne une fourchette indicative, mais le juge apprécie chaque dossier individuellement et fixe le montant souverainement.

PosteCe que cela indemniseInclus dans les D&I harcèlement ?
Dommages et intérêts pour harcèlement moralSouffrance morale, santé, conditions de travail, carrièreOui
Indemnité de licenciement nulCaractère illicite de la rupture si le licenciement est annuléNon, poste distinct
Indemnité légale ou conventionnelle de licenciementAncienneté et rupture du contratNon
Indemnité transactionnelleSomme négociée pour mettre fin au litigePeut englober plusieurs postes
Article 700Participation aux frais de procédureNon

Les dommages et intérêts pour harcèlement moral ne doivent jamais être mélangés avec l'indemnité de licenciement nul dans une même cellule de calcul : ce sont deux postes distincts, cumulables lorsque les préjudices réparés sont distincts.

DécisionContexteEnseignementSource
Cass. soc., 17 déc. 2025, n° 24-17.295 (F-D)Salariée invoquant le harcèlement, sans demande de nullité du licenciement (salaire 2 300 €, 2 ans d'ancienneté)Faute de demande expresse de nullité, le barème Macron s'applique : indemnité plafonnée à 8 050 €Légifrance

Ce tableau ne mélange pas les postes : la ligne ci-dessus illustre l'indemnité de rupture (barème Macron faute de nullité), distincte des dommages et intérêts pour harcèlement moral.

Indemnité prud'homale et licenciement nul : les textes de référence

Article L. 1152-1 du Code du travail : Définition du harcèlement moral

« Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. »

Cet article pose la définition fondamentale du harcèlement moral. Il établit trois critères cumulatifs : des agissements répétés, une dégradation des conditions de travail, et une atteinte aux droits, à la dignité, à la santé ou à l'avenir professionnel du salarié. C'est sur cette base que le juge qualifie (ou non) les faits de harcèlement moral.

Article L. 1235-3-1 du Code du travail : Indemnité de licenciement nul

« Lorsque le juge constate que le licenciement est entaché d'une des nullités [dont le harcèlement moral], [...] l'indemnité à la charge de l'employeur ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois. »

Cet article est central pour le calcul des indemnités. Il exclut explicitement le barème Macron (Art. L. 1235-3) lorsque le licenciement est nul pour harcèlement moral, et fixe un plancher de 6 mois de salaire, sans plafond. C'est ce qui rend la voie judiciaire potentiellement plus avantageuse que la transaction pour les dossiers solides.

Article L. 1235-3 du Code du travail : Barème Macron

Le barème Macron encadre les indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse avec un plancher et un plafond indexés sur l'ancienneté. Pour une entreprise de 11 salariés ou plus, le plafond va de 1 mois (0 an d'ancienneté) à 20 mois (29 ans et plus). Ce barème ne s'applique pas en cas de nullité du licenciement pour harcèlement moral : c'est pourquoi notre simulateur compare systématiquement les deux scénarios.

Jurisprudence récente sur les indemnités de harcèlement moral (2025)

Cass. soc., 17 déc. 2025, n° 24-17.295 (F-D) : sans demande de nullité, le barème Macron s'applique

Dans cet arrêt inédit (formation F-D), la chambre sociale de la Cour de cassation applique un principe établi à une situation d'espèce. Elle distingue deux sujets : la reconnaissance d'une situation de harcèlement moral et la demande de nullité du licenciement. Le harcèlement moral peut être établi, mais si le salarié ne demande pas expressément la nullité du licenciement dans ses conclusions, le juge ne peut pas l'accorder d'office.

Conséquence pratique : à défaut de demande de nullité, l'indemnisation de la rupture reste soumise au barème Macron de l'article L. 1235-3, et le plancher de 6 mois prévu par l'article L. 1235-3-1 ne s'applique pas. Ce n'est ni un grand arrêt ni un revirement : c'est un rappel procédural décisif. Il renforce l'importance, en plus d'un dossier de preuves solide (emails, SMS, attestations de collègues, alertes au médecin du travail, certificats médicaux), de formuler clairement la demande de nullité du licenciement.

Cas concret : le piège procédural

Une responsable RH licenciée pour faute grave (salaire de 2 300 € brut, 2 ans d'ancienneté) obtient en appel un licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse et 10 227,56 €, au visa des articles L. 1152-1 à L. 1152-3 sur le harcèlement moral. Mais elle n'avait formé aucune demande de nullité du licenciement. La Cour de cassation casse et statue au fond : faute de demande de nullité, c'est le barème Macron qui s'applique. Vu l'ancienneté et le salaire, l'indemnité est plafonnée au maximum du barème, soit 8 050 €. Les 10 227,56 € sont ramenés à 8 050 €.

Source : Cass. soc., 17 déc. 2025, n° 24-17.295 (F-D), Légifrance

Cass. soc. 19 avril 2023 (n° 21-21.053) : la dénonciation d'un harcèlement est protégée

La Cour de cassation protège le salarié qui dénonce des faits de harcèlement moral : il ne peut être licencié pour ce motif, même s'il n'a pas qualifié expressément les faits de « harcèlement moral » dans son signalement, sauf mauvaise foi établie. Un licenciement prononcé en représailles d'une telle dénonciation est nul, ce qui ouvre droit aux indemnités de la rupture nulle (plancher de 6 mois, cumulables avec des dommages et intérêts pour préjudice moral). Voir l'arrêt sur le site de la Cour de cassation.

Cass. soc. 1er juin 2023 (n° 21-23.438) : les dommages et intérêts pour harcèlement se cumulent avec l'indemnité de licenciement nul

La Cour de cassation (arrêt publié au bulletin) juge que l'octroi de dommages et intérêts pour licenciement nul en lien avec un harcèlement moral ne fait pas obstacle à une demande distincte de dommages et intérêts réparant le harcèlement subi pendant l'exécution du contrat. Ce sont deux préjudices distincts : l'un répare la rupture illicite, l'autre les agissements eux-mêmes. Le salarié peut donc les cumuler, sans que l'employeur puisse opposer une double indemnisation du même préjudice. Voir l'arrêt sur Légifrance.

Licenciement nul ou transaction amiable : quel scénario pour quel dédommagement ?

Le choix entre la voie judiciaire (contestation aux prud'hommes) et la transaction amiable est une décision stratégique majeure qui détermine le montant du dédommagement obtenu pour harcèlement moral.

Voie judiciaire (prud'hommes)

  • +Potentiel d'indemnisation maximal si le harcèlement est reconnu
  • +Barème Macron non applicable : minimum 6 mois (Art. L. 1235-3-1)
  • +Cumul ILN + dommages et intérêts pour préjudice moral
  • -Durée longue : 18 à 24 mois en moyenne
  • -Issue incertaine si le dossier est fragile
  • ~Dommages et intérêts soumis à l'impôt sur le revenu (hors indemnité légale de licenciement)

Transaction amiable

  • +Résolution rapide : 1 à 6 mois de négociation
  • +Certitude du montant et confidentialité de l'accord
  • ~Régime social et fiscal variable : une partie peut être exonérée sous conditions et dans certaines limites, à vérifier selon votre situation
  • -Montant inférieur au potentiel judiciaire maximal
  • -Renonciation définitive à toute action prud'homale

En résumé : la voie judiciaire est à privilégier lorsque le dossier est solide et que le salarié peut supporter la durée de la procédure. La transaction est préférable lorsque le salarié souhaite une résolution rapide ou lorsque le dossier de preuves est incomplet. Dans tous les cas, la solidité du dossier est le levier principal, que ce soit pour obtenir la reconnaissance du harcèlement aux prud'hommes ou pour négocier un montant transactionnel élevé.

Le rôle de l'avocat est souvent déterminant, particulièrement en transaction : un accompagnement par un avocat en droit du travail peut renforcer la position de négociation. La pression juridique qu'il peut exercer (menace crédible de contentieux, maîtrise des références jurisprudentielles, qualité de l'argumentation) modifie le rapport de force avec l'employeur et peut conduire à des propositions transactionnelles plus solides.

Transaction amiable : montants par salaire et ancienneté

La transaction est un accord destiné à régler un litige : elle prévoit une indemnité transactionnelle dont le montant dépend surtout de la solidité du dossier. Le tableau ci-dessous présente l'estimation pour un dossier solide (emails, SMS, attestations, médecine du travail alertée). Chaque cellule affiche la fourchette minimum - maximum.

Pour un salaire brut de 2 000 € et 10 ans d'ancienneté, l'estimation transactionnelle pour un dossier solide se situe entre 12 960 € et 25 920 €.

Salaire brut mensuel2 à 5 ans10 ans15 ans
1 800 €10 800 € - 21 600 €11 664 € - 23 328 €12 420 € - 24 840 €
2 000 €12 000 € - 24 000 €12 960 € - 25 920 €13 800 € - 27 600 €
2 500 €15 000 € - 30 000 €16 200 € - 32 400 €17 250 € - 34 500 €
3 000 €18 000 € - 36 000 €19 440 € - 38 880 €20 700 € - 41 400 €
4 000 €24 000 € - 48 000 €25 920 € - 51 840 €27 600 € - 55 200 €
5 000 €30 000 € - 60 000 €32 400 € - 64 800 €34 500 € - 69 000 €

Hypothèses : négociation amiable ou transaction, dossier solide, salarié non-cadre, montants bruts indicatifs. Les colonnes 2 et 5 ans sont identiques (même coefficient d'ancienneté en deçà de 5 ans). Un dossier moyen aboutit généralement à des montants plus faibles, un dossier très risqué pour l'employeur à des montants plus élevés. Montants générés par les formules du simulateur, à personnaliser avec votre situation réelle.

Rupture conventionnelle et transaction : ne pas confondre

La rupture conventionnelle et la transaction sont souvent confondues, alors qu'il s'agit de deux objets juridiques distincts.

  • La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du CDI, soumis à homologation par l'administration. Elle ouvre droit à une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, au moins égale à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement.
  • La transaction est un accord distinct (Art. 2044 du Code civil) destiné à régler ou prévenir un litige. Elle prévoit une indemnité transactionnelle en contrepartie de concessions réciproques.

Une rupture conventionnelle peut être suivie ou accompagnée d'une transaction, mais les deux objets restent séparés : l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle doit être distinguée de l'éventuel surcroît transactionnel. À noter aussi qu'une rupture conventionnelle signée sous pression ou dans un contexte de harcèlement non traité peut être contestée si le consentement n'était pas libre.

Frais d'avocat et article 700 du Code de procédure civile

L'article 700 du Code de procédure civile ne répare pas le harcèlement moral. Il permet au juge d'accorder une somme au titre des frais exposés pour la procédure, notamment une partie des honoraires d'avocat. Ce montant doit rester séparé des dommages et intérêts, de l'indemnité de licenciement nul et de l'indemnité transactionnelle.

L'article 700 n'est ni systématique ni intégral : il relève de l'appréciation du juge et ne couvre généralement pas la totalité des honoraires réellement engagés.

Points clés à retenir sur les indemnités de harcèlement moral au travail

  • 1Le minimum légal est de 6 mois de salaire brut en cas de licenciement nul pour harcèlement moral (Art. L. 1235-3-1 du Code du travail).
  • 2Le barème Macron n'est écarté que si le licenciement est déclaré nul : le salarié doit demander expressément la nullité du licenciement dans ses conclusions, sinon le barème s'applique (Cass. soc., 17 déc. 2025, n° 24-17.295).
  • 3Les dommages et intérêts pour préjudice moral s'ajoutent à l'indemnité de licenciement nul : le simulateur retient un repère indicatif de 3 à 10 mois de salaire selon la gravité, sans valeur de moyenne nationale.
  • 4En transaction amiable, les montants varient de 3 à 24 mois de salaire selon la solidité du dossier de preuves.
  • 5Le régime social et fiscal de l'indemnité transactionnelle dépend de sa nature et des plafonds applicables : une partie peut être exonérée sous conditions et dans certaines limites, à vérifier selon votre situation.
  • 6Un accompagnement par un avocat en droit du travail peut renforcer la position de négociation comme au contentieux.
  • 7La charge de la preuve est aménagée en faveur du salarié (Art. L. 1154-1) : il suffit de présenter des éléments laissant supposer le harcèlement pour que l'employeur doive se justifier.
FAQ

Questions fréquentes sur les indemnités

Barème Macron, montants, négociation : les réponses aux questions que vous vous posez sur les indemnités de harcèlement moral.

Quel est le montant minimum d'indemnité pour harcèlement moral au travail ?

En cas de licenciement nul pour harcèlement moral, l'article L. 1235-3-1 du Code du travail prévoit un minimum de 6 mois de salaire brut. Ce plancher s'applique quelle que soit l'ancienneté du salarié.

Ce montant est un minimum : le juge peut accorder davantage en fonction du préjudice subi (préjudice moral, perte de revenus, impact sur la santé). En pratique, les indemnités totales se situent souvent entre 8 et 24 mois de salaire selon la gravité de la situation.

Le barème Macron s'applique-t-il en cas de harcèlement moral ?

Pas automatiquement. Le barème Macron (Art. L. 1235-3) n'est écarté que lorsque le licenciement est déclaré nul pour harcèlement moral : dans ce cas seulement, l'article L. 1235-3-1 prévoit un plancher de 6 mois de salaire.

Attention : même un harcèlement moral reconnu ne suffit pas toujours à écarter le barème. Dans l'arrêt Cass. soc., 17 déc. 2025, n° 24-17.295 (F-D), la Cour de cassation rappelle que le salarié doit demander expressément la nullité du licenciement dans ses conclusions. Sans cette demande, le juge peut appliquer le barème Macron : le plancher de 6 mois prévu par l'article L. 1235-3-1 ne s'applique alors pas.

La constitution d'un dossier solide et la formulation expresse de la demande de nullité sont donc déterminantes.

Comment est calculée l'indemnité pour préjudice moral en cas de harcèlement ?

L'indemnité pour préjudice moral est fixée souverainement par le juge en fonction des circonstances. Elle vise à réparer le préjudice psychologique subi par la victime.

Les critères pris en compte :
  • Durée et gravité des agissements : plus le harcèlement est prolongé et intense, plus l'indemnité est élevée
  • Impact sur la santé : arrêts maladie, dépression, anxiété, troubles du sommeil
  • Impact professionnel : perte d'emploi, difficulté à retrouver un travail, déclassement
  • Circonstances aggravantes : vulnérabilité du salarié, absence de réaction de l'employeur
À titre indicatif, le simulateur retient un ordre de grandeur de 3 à 10 mois de salaire pour le préjudice moral seul, avec un repère médian autour de 5 mois. Il s'agit d'un repère utilisé par le simulateur, pas d'une moyenne nationale : chaque juge apprécie souverainement le montant selon les circonstances du dossier.

Quelles indemnités peut-on obtenir aux prud'hommes pour harcèlement moral ?

Les indemnités cumulables devant les prud'hommes en cas de harcèlement moral sont :
  • Indemnité de licenciement nul : minimum 6 mois de salaire (Art. L. 1235-3-1)
  • Dommages et intérêts pour préjudice moral : selon la gravité (ordre de grandeur indicatif de 3 à 10 mois)
  • Indemnité compensatrice de préavis : 1 à 3 mois selon le statut et l'ancienneté
  • Indemnité légale de licenciement : calculée selon l'ancienneté
  • Éventuels dommages-intérêts complémentaires : préjudice de carrière, préjudice financier
Le total peut représenter entre 12 et 30 mois de salaire pour les dossiers les plus solides, hors congés payés et primes.

Quel montant peut-on obtenir dans une transaction amiable pour harcèlement moral ?

Le montant d'une indemnité transactionnelle dépend directement de la solidité du dossier du salarié. En pratique d'avocats en droit social (2023–2026), on observe trois niveaux :
  • Dossier moyen (peu de preuves écrites) : 3 à 8 mois de salaire brut, souvent 1 à 3 mois au-delà du package légal
  • Dossier solide (emails, SMS, attestations, médecine du travail alertée) : 6 à 12 mois de salaire brut : c'est le cœur du marché transactionnel
  • Dossier très risqué pour l'employeur (santé dégradée, alertes ignorées) : 12 à 24 mois de salaire brut (cas rares, dossiers exceptionnellement solides)
La transaction prévoit une indemnité globale et forfaitaire, sans reconnaissance de responsabilité de l'employeur. L'employeur n'accepte quasiment jamais une ligne « indemnité pour harcèlement moral » car cela reviendrait à reconnaître la faute.

Faut-il aller aux prud'hommes ou négocier une transaction en cas de harcèlement moral ?

Les deux voies présentent des avantages et des risques distincts :

Prud'hommes (contestation judiciaire) :
  • Potentiel d'indemnisation plus élevé si le harcèlement est reconnu et le licenciement jugé nul
  • Durée longue : 18 à 24 mois en moyenne (première instance + appel possible)
  • Issue incertaine : le juge peut ne pas reconnaître le harcèlement
  • Le barème Macron ne s'applique pas en cas de nullité (minimum 6 mois, Art. L. 1235-3-1)
Transaction amiable (négociation directe) :
  • Résolution rapide : 1 à 6 mois de négociation
  • Certitude du montant et confidentialité de l'accord
  • En contrepartie : renonciation définitive à toute action prud'homale
  • Montant généralement inférieur au potentiel judiciaire maximal
En pratique, c'est une équation économique : l'employeur évalue le coût d'un procès (honoraires, durée, risque de condamnation, publicité) et propose un montant inférieur mais certain et immédiat. Plus votre dossier est solide, plus votre levier de négociation est fort.

Qu'est-ce qu'une indemnité transactionnelle en cas de harcèlement moral au travail ?

L'indemnité transactionnelle est un montant global négocié entre le salarié et l'employeur dans le cadre d'un protocole d'accord transactionnel (article 2044 du Code civil). Elle vise à éteindre définitivement tout litige.

Ce que contient le « package » transactionnel :
  • Éléments classiques de rupture : indemnité légale de licenciement, indemnité compensatrice de préavis, congés payés
  • Surcroît transactionnel : c'est la vraie négociation : il couvre le préjudice moral, la perte de chance professionnelle, l'atteinte à la santé et la renonciation à toute action judiciaire
Points importants :
  • Le régime social et fiscal de l'indemnité dépend de sa nature et des plafonds applicables : une partie peut être exonérée sous conditions et dans certaines limites, à vérifier selon votre situation
  • L'employeur refuse quasiment toujours d'isoler une ligne « harcèlement moral » pour ne pas reconnaître sa faute
  • On négocie donc un montant global en mois de salaire, pas une ligne « harcèlement »

Quels sont les risques de signer une transaction après un harcèlement moral ?

La signature d'un protocole transactionnel comporte des risques majeurs que le salarié doit connaître avant de s'engager :
  • Renonciation définitive : en signant, vous renoncez à toute action prud'homale, à toute réclamation future liée aux faits connus, et à toute contestation de la rupture
  • Aggravation ultérieure : si votre état de santé s'aggrave après signature (rechute dépressive, incapacité de travail), vous ne pourrez plus agir : le montant doit donc couvrir le futur, pas seulement le passé
  • Brut vs net : l'indemnité peut avoir un impact fiscal selon les montants : clarifiez toujours si l'on parle en brut, en net avant impôt ou en net poche
  • Timing : plus le salarié est encore en poste, plus son levier est fort : une fois licencié et remplaçable, le pouvoir de négociation diminue considérablement
Conseil : ne signez jamais une transaction sans avoir consulté un avocat en droit du travail et sans avoir constitué votre dossier de preuves au préalable. C'est votre meilleur levier pour obtenir un montant qui couvre réellement votre préjudice.

Les dommages et intérêts pour harcèlement moral s'ajoutent-ils à l'indemnité de licenciement nul ?

Oui, ils peuvent se cumuler, mais ce sont deux postes distincts qui réparent des préjudices différents.
  • Les dommages et intérêts pour harcèlement moral réparent le préjudice subi du fait des agissements (souffrance morale, atteinte à la santé, dégradation des conditions de travail, impact sur la carrière).
  • L'indemnité de licenciement nul (Art. L. 1235-3-1) indemnise le caractère illicite de la rupture lorsque le licenciement est annulé.
Ces deux postes ne doivent jamais être confondus dans une même ligne de calcul. Ils peuvent se cumuler dès lors que les préjudices réparés sont distincts.

Une rupture conventionnelle donne-t-elle droit à une indemnité transactionnelle ?

Pas automatiquement, car ce sont deux choses différentes.
  • La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du CDI, soumis à homologation, qui ouvre droit à une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, au moins égale à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement.
  • La transaction est un accord distinct destiné à régler ou prévenir un litige (Art. 2044 du Code civil). Elle prévoit une indemnité transactionnelle en contrepartie de concessions réciproques.
Une rupture conventionnelle peut être suivie ou accompagnée d'une transaction, mais l'indemnité spécifique de rupture reste séparée de l'éventuel surcroît transactionnel.

L'article 700 fait-il partie des indemnités de harcèlement moral ?

Non. L'article 700 du Code de procédure civile ne répare pas le harcèlement moral : il permet au juge d'allouer une somme au titre des frais de procédure exposés par la partie, notamment une partie des honoraires d'avocat.

Ce montant doit rester affiché séparément des dommages et intérêts, de l'indemnité de licenciement nul et de l'indemnité transactionnelle. Il n'est ni systématique ni intégral : son montant relève de l'appréciation du juge.