Guide complet

Mise au placard au travail : 6 signaux d'alerte à reconnaître

Mise au placard au travail : les 6 signaux d'alerte pour identifier une placardisation. Types, conséquences et recours. Guide complet pour reconnaître les signes.

Dernière vérification : mars 2026
Code du travailCour de cassationHirigoyen · Leymann · Dejours

Mise au placard au travail : les signes qui ne trompent pas

La mise au placard désigne une stratégie de marginalisation progressive d'un salarié : on ne le licencie pas directement, mais on rend son quotidien tellement insupportable qu'il finit par partir de lui-même. Ce comportement relève souvent d'un profil de harceleur manipulateur. Selon une étude de l'Institut Montaigne, on estime à 200 000 le nombre de mises au placard par an en France. Voici les signes concrets pour reconnaître une mise au placard. Pour aller plus loin : faites votre évaluation confidentielle en 24 questions ou découvrez les critères retenus par les juges pour reconnaître un harcèlement moral.
1

Retrait progressif de vos missions, projets et responsabilités sans justification — votre poste existe toujours mais on le vide de sa substance

2

Attribution de tâches très en dessous de vos compétences ou sans rapport avec votre poste (trier des archives quand vous êtes cadre, par exemple)

3

Isolation physique : bureau déplacé dans un endroit isolé, changement de lieu sans raison, retrait de votre badge d'accès à certains espaces

4

Exclusion systématique des réunions d'équipe, des formations, des projets transversaux et des événements de l'entreprise

5

Absence totale de feedback, d'objectifs, de perspectives d'évolution — on ne vous évalue plus, on ne vous confie plus rien

6

Vos emails restent sans réponse, vos appels sont ignorés — on fait comme si vous n'existiez plus

7

On embauche quelqu'un pour faire votre travail ou on redistribue vos missions à vos collègues sans vous en informer

Vous reconnaissez ces signaux ? Notre diagnostic spécialisé évalue votre situation de mise au placard selon 5 dimensions en 24 questions confidentielles.

Faire le diagnostic de mise au placard

Harcèlement moral et pression pour pousser à la démission

Le harcèlement moral visant à pousser un salarié à la démission est un motif fréquent de saisine des prud'hommes. Quand un employeur ou un manager veut vous pousser vers la sortie, il est essentiel de ne pas démissionner sous la pression — c'est précisément ce qu'il cherche.
1

NE DÉMISSIONNEZ PAS sous la pression : la démission vous prive de vos droits (indemnités, allocations chômage). C'est précisément ce que l'employeur cherche

2

Documentez chaque pression : emails, convocations injustifiées, propos menaçants, modifications de vos conditions de travail

3

Si on vous attribue des tâches hors de votre poste : comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles et documentez l'écart

4

Consultez les représentants du personnel (CSE) et le médecin du travail pour officialiser votre situation

5

Si la situation est intenable, des voies de sortie protectrices existent (rupture conventionnelle, résiliation judiciaire, prise d'acte)

Quand votre manager ou patron critique tout le temps

Les critiques permanentes et non constructives de la part d'un supérieur hiérarchique peuvent constituer du harcèlement moral. La différence entre un management exigeant et le harcèlement managérial se situe dans l'objectif et la proportionnalité. Un manager exigeant critique le travail pour l'améliorer, un manager harceleur critique la personne pour la détruire. Si votre patron critique systématiquement tout ce que vous faites sans jamais reconnaître vos efforts, change les règles en permanence, ou vous attribue des objectifs impossibles pour justifier ses critiques, documentez cette chronologie. C'est un schéma classique de harcèlement managérial.

Les différents types de mise au placard

La mise au placard ne prend pas une forme unique. Les tribunaux reconnaissent plusieurs variantes, toutes susceptibles de caractériser un harcèlement moral lorsqu'elles sont répétées.
1

La mise au placard par le vide : on ne vous licencie pas, mais on retire toutes vos missions. Vous venez au bureau pour ne rien faire. C'est la forme la plus classique et la plus documentée en jurisprudence

2

La mise au placard par le trop-plein : à l'inverse, on vous surcharge de tâches impossibles ou sans rapport avec votre poste pour justifier des critiques et une évaluation négative

3

La placardisation géographique : mutation dans un bureau isolé, un site éloigné, ou un open space où vous êtes physiquement coupé de votre équipe

4

La mise au placard numérique : suppression de vos accès informatiques, retrait de vos listes de diffusion, exclusion des outils collaboratifs (Slack, Teams, SharePoint)

5

La mise au placard douce (ou progressive) : la plus insidieuse. Les missions diminuent graduellement sur des mois, rendant le phénomène difficile à prouver car chaque étape semble anodine

Quel type de mise au placard subissez-vous ?

Notre diagnostic identifie précisément les dimensions concernées et leur intensité grâce à 5 indices personnalisés.

Lancer le diagnostic gratuit

Indemnité pour mise au placard : ce que vous pouvez obtenir

Si la mise au placard est reconnue comme harcèlement moral par les prud'hommes, vous pouvez prétendre à plusieurs types d'indemnisation. Le montant dépend de l'ancienneté, de la gravité des faits et de l'impact sur votre santé et votre carrière.
1

Dommages et intérêts pour harcèlement moral : indemnisation du préjudice moral (souffrance psychologique). Les montants varient entre 3 000 et 30 000 euros selon la durée et la gravité

2

Nullité du licenciement : si vous êtes licencié suite à la dénonciation du harcèlement, le licenciement est nul. Indemnité minimale de 6 mois de salaire, sans plafond (le barème Macron ne s'applique pas)

3

Résiliation judiciaire aux torts de l'employeur : le contrat est rompu comme un licenciement sans cause, avec toutes les indemnités associées

4

Rappel de salaire et primes : si la mise au placard a entraîné une perte de rémunération variable (primes d'objectifs non versées faute de missions)

5

Pour estimer votre indemnisation, utilisez notre <a href="/calcul-indemnites-harcelement-moral">calculateur d'indemnités</a> et consultez le <a href="/guide-recours-harcelement">guide complet des recours</a>

Négocier une rupture conventionnelle en cas de harcèlement

La rupture conventionnelle peut être une solution, mais elle doit être négociée avec précaution quand elle intervient dans un contexte de harcèlement.
1

La rupture conventionnelle doit être librement consentie : si elle est signée sous la contrainte du harcèlement, elle peut être annulée par les juges

2

N'acceptez pas la première offre : vous avez un pouvoir de négociation si l'employeur veut éviter une procédure prud'homale

3

Éléments négociables : montant de l'indemnité (minimum légal ou plus), maintien de la mutuelle, aide au reclassement, certificat de travail neutre

4

Faites-vous accompagner : par un avocat, un représentant du personnel, ou un conseiller du salarié. C'est votre droit lors de l'entretien préalable

5

Alternative : la résiliation judiciaire du contrat aux torts de l'employeur permet de rester en poste pendant la procédure tout en faisant reconnaître le harcèlement

Jurisprudence récente

Cass. crim., 21 janvier 2025, n° 22-87.145

Affaire France Télécom : la Cour de cassation consacre le harcèlement moral institutionnel. Une politique d'entreprise dégradant délibérément les conditions de travail des salariés constitue un harcèlement moral, même sans cibler un salarié en particulier.

Légifrance

Sources : Cour de cassation, chambres sociales et criminelles. Les décisions sont accessibles en intégralité sur Légifrance.

FAQ

Questions fréquentes : mise au placard et départ forcé

Les réponses aux questions les plus recherchées sur le thème "mise au placard et départ forcé".

Que faire si mon employeur m'oblige à démissionner ?

Ne démissionnez surtout pas sous la pression. La démission vous prive de vos droits (indemnités de licenciement, allocations chômage). C'est exactement l'objectif de l'employeur.

Vos options :
  • Documentez les pressions : emails, convocations, propos menaçants, modification de vos conditions de travail
  • Alertez le CSE, le médecin du travail, l'inspection du travail
  • Négociez une rupture conventionnelle avec accompagnement juridique
  • Saisissez les prud'hommes en résiliation judiciaire (vous restez en poste pendant la procédure)
  • Prise d'acte de rupture si la situation est intenable (acte fort, consultez un avocat avant)

Comment savoir si je suis mis(e) au placard ?

La mise au placard se reconnaît par un appauvrissement progressif de votre poste :
  • Vos missions sont retirées progressivement sans explication
  • On vous attribue des tâches dévalorisantes ou sans rapport avec votre qualification
  • Vous êtes exclu(e) des réunions, formations, projets
  • Vous n'avez plus d'objectifs ni de perspectives d'évolution
  • Votre bureau est déplacé dans un endroit isolé
Si vous cochez plusieurs de ces signes, faites le diagnostic de mise au placard (24 questions, 5 indices personnalisés) et commencez à documenter les changements (comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles).

Que faire si mon patron me demande de faire des tâches qui ne sont pas de mon ressort ?

L'attribution de tâches en dehors de votre fiche de poste peut être légale (clause de mobilité, évolution naturelle) ou abusive :
  • Tâches ponctuelles et raisonnables : l'employeur peut adapter vos missions dans le cadre de son pouvoir de direction
  • Tâches systématiquement dévalorisantes : si on vous attribue des tâches très en dessous de votre qualification, c'est un signe de mise au placard
  • Modification substantielle du contrat : un changement important de vos missions nécessite votre accord
Réagissez : comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles, documentez les changements, et signalez la situation par écrit à votre employeur et au CSE.

Comment négocier une rupture conventionnelle pour harcèlement ?

La rupture conventionnelle dans un contexte de harcèlement doit être négociée avec précaution :
  • Faites-vous accompagner par un avocat ou un représentant du personnel
  • Ne signez rien sous pression : vous avez un délai de rétractation de 15 jours
  • Négociez au-delà du minimum légal : l'employeur a intérêt à éviter les prud'hommes
  • Éléments négociables : indemnité majorée, maintien de la mutuelle, dispense de préavis, certificat de travail neutre
Si la rupture est signée sous la contrainte du harcèlement, elle peut être annulée par les juges et requalifiée en licenciement nul.

Quels sont les différents types de mise au placard ?

La mise au placard prend plusieurs formes, toutes reconnues par la jurisprudence :
  • Par le vide : retrait de toutes vos missions — vous venez au bureau pour ne rien faire
  • Par le trop-plein : surcharge de tâches impossibles pour justifier des critiques et une mauvaise évaluation
  • Géographique : mutation dans un bureau isolé ou un site éloigné, coupé de votre équipe
  • Numérique : suppression de vos accès informatiques, retrait des listes de diffusion, exclusion des outils collaboratifs
  • Progressive (douce) : diminution graduelle des missions sur plusieurs mois — la plus difficile à prouver car chaque étape semble anodine
Dans tous les cas, documentez les changements : comparez votre fiche de poste avec vos missions actuelles, conservez les emails, notez les dates clés.

Quelle indemnité peut-on obtenir pour une mise au placard ?

Si la mise au placard est reconnue comme harcèlement moral par les prud'hommes, vous pouvez obtenir :
  • Dommages et intérêts pour préjudice moral : entre 3 000 et 30 000 euros selon la durée et la gravité
  • Nullité du licenciement : si vous êtes licencié après avoir dénoncé le harcèlement, indemnité minimale de 6 mois de salaire sans plafond
  • Résiliation judiciaire : le contrat est rompu aux torts de l'employeur, avec toutes les indemnités d'un licenciement
  • Rappel de primes : si la mise au placard a entraîné une perte de rémunération variable
Estimez votre indemnisation avec notre calculateur d'indemnités.

Évaluez votre situation de mise au placard

24 questions confidentielles, 5 indices personnalisés, recommandations adaptées à votre secteur et votre profil.